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Togo/ Faure Gnassingbe et son armée: rafles, violations de domiciles et prises d’otages
Publié le mardi, 15 mai 2018 à 16:25 par Kouamivi Sossou

Le journal togolais, le rendez-vous peint la situation sociopolitique. Lisez l’un de ses articles paru le 11 mai 2018!

Le Togolais traverse l’axe le plus sombre de son histoire. Toutes les épreuves que les populations font vivre à la dictature inquiètent et irritent celle-ci au point de l’’obliger à afficher sa face naturelle. Plus les Togolais en sont victimes, plus ils sont déterminés et se rendent compte que le pouvoir en place n’a jamais tiré sa légitimité des peuples. Tout ce que gère les héritiers d’Eyadema est finalement à leur image : l’économie, la justice, l’exécutif, le législatif, que dire encore ! Mais s’il existe un maillon de l’Etat qui hante l’opinion ces derniers moments, c’est bien l’armée nationale ; les plus sceptiques commencent même par y voir une milice nationale. Si le RPT-UNIR ne sait rien faire pour émanciper ce pays, il sait tout faire pour développer son instinct de conservation du pouvoir. Mais dans ses méthodes, le voici à la croisée des chemins. Eyadema, disait-on, a créé l’armée à son image, mais jamais, il n’en a fait un usage aussi primaire comme le fait présentement son fils. Celui qui a quémandé la clémence de l’opinion internationale afin d’être accepté comme une alternative pour réconcilier les Togolais, corriger les égarements de son père et éviter la chasse aux sorcières à la mort de celui-ci, n’a été capable que de s’attirer le dédain des uns et la défiance des autres. Loin de faire acte de contrition, bien au contraire, comme un félin sur un piège fatal, il déchire tout. Il a perdu tout espoir de survie, et se sert de l’armée comme un bouclier humain. Dans l’entendement de monsieur Faure, la situation est trop explosive pour être laissée aux classiques forces de maintien d’ordre. Les militaires sont donc sortis de leur garnison. Les voici dans leur état primaire, ils l’affichent sans sourciller, ils ne portent plus de gangs. Ce n’est pas de leur faute s’ils n’ont appris qu’à combattre l’ennemi, à terroriser les champs de guerre par des méthodes les plus abjectes aux fins de faire reculer l’adversaire. Certes, les militaires sont le bras armé du prince héritier contre les Togolais. Donc celui qui laisse finalement tomber le masque, c’est le chef suprême de l’armée. Le masque tombe enfin, le peuple sait ce que vaut le régime cinquantaine, mais c’est Monsieur Faure Gnassingbé qui est la vraie découverte. Jusqu’où pourra tenir une dictature qui a tout perdu des valeurs républicaines si ce n’est l’usage parfait d’une milice nationale exagérément appelée armée nationale ? De l’image du pays à la gestion épileptique de l’économie pour revenir à la situation incertaine sur l’avenir de notre République, toute proportion gardée, on finit par se demander si « la catastrophe nationale » dont a parlé l’ancien PM Koffi Sama, à la mort d’Eyadema, n’était pas Faure Gnassingbé lui-même.

‘’Retro’’ sur une violence institutionnalisée

Le vice, quand on en fait une longue tradition, au début de la pratique on en a honte, mais avec le temps, le vice devient une vertu, la pudeur quitte le criminel. La violence de l’armée togolaise sur les populations est devenue tellement banale que les populations s’y accommodent. Mieux, cette violation sur les citoyens mérite des distinctions honorifiques au sommet quand on sait que le ministre de la sécurité et son chef d’Etat-major viennent d’être flanqués de marques de confiance militaires. Le premier gère la sécurité nationale, le second est le chef d’Etat-major des Armées. Si le second sait inviter les militaires sur un terrain policier, le premier, ministre de la sécurité, sait se taire, pire il sait justifier les crimes, même s’ils ne relèvent de ses commandements. Quand une dictature joue ses dernières cartes, ce dont elle a le plus besoin est le crime. Et donc, le crime se récompense contre les bonnes mœurs. N’eut été son rôle dans le coup d’Etat manqué au Burkina-Faso, un autre Colonel portait, lui aussi, ses étoiles: Alex Massina Yotrofeyi, directeur de la gendarmerie.

Que dire sur les faits d’arme de ce trio ?

Depuis les évènements du 19 août 2017, le système en place fait preuve d’une certaine sauvagerie sur le peuple, on ne le dira jamais assez, mais les grands moyens ne sortiront qu’avec l’arrestation de l’imam Hassan de Sokodé. Pour vous rafraichir la mémoire, nous vous invitons à cette coupure de presse de notre parution N° 318 de 2017:
« Au lendemain de ce 16 octobre 2017 dès la première heure, les militaires ont assiégé la ville de Sokodé. Les bérets rouges prennent le contrôle de la cité. Pire, ils y étaient déjà perceptibles à quelques moments avant l’enlèvement de l’imam comme s’ils étaient mobilisés pour attendre un mot d’ordre. Beaucoup d’interrogations trouvent donc une place. La seule certitude, c’est qu’il y a eu une violence inouïe. Equipés de matériel de destruction et des bidons d’essence, tout ce que les militaires rencontrent sur leur passage dans les rues est renversé et brulé, tout est saccagé. Après avoir ratissé les rues, ils ont violé les domiciles, ils sont passés de maison en maison pour se faire entendre. Ils défoncent portails et portes, torturent les populations, ils tirent à balles réelles. Une partie de la population est rentrée en brousse, une autre a traversé les frontières, la troisième vague est restée cachée dans les habitations à la merci de la faim, la privation et la violence des hommes en treillis. Personne ne pouvait pointer le nez dehors pour chercher à manger ou même dans sa cour pour cuisiner. Les blaisés ne pouvaient être conduits aux lieux de soins. Une mort lente est enclenchée et les gens qui auraient pu être sauvés de leurs coups et blessures continuent jusqu’ici à mourir, entre autres, le regretté Boukoubongui Issifou de Kparataou. Des familles sont restées en brousse le temps qu’il faut. La vie finit par reprendre timidement au gré des humeurs des militaires. Le calme qui revient est rendu précaire par les arrestations qui se poursuivent de plus bel. Ils arrêtent à la pelle une race de jeunes, arrivés à leur base, ils trient et libèrent ceux qui ne sont pas sur la liste des recherchés. Entre-temps, ils ont fait semblant de lever le siège sur ces deux villes. Les marches des 7, 8 et 9 novembre dernier ont été autorisées sur toute l’étendue du territoire, il n’avait aucune exception contre une ville. Le ministre de la sécurité a pris les dispositions civilisées pour encadrer les manifestations. Le 07, à la première heure, le siège militaire qu’on a fait semblant de lever sur Sokodé-Bafilo et Mango reprend. La veille, le décor était déjà planté. Bafilo et ses villages ont replongé dans la violence militaire. A Sokodé, les points de départ de la marche de ce matin du 7 novembre sont quadrillés, le moindre attroupement est dispersé avec toutes sortes de violence. Ensuite, reprend le ratissage de maison en maison. L’objectif est de forcer les populations au silence. Rien n’est épargné, même dans les centres de soins aux blessés, les défenseurs des droits de l’homme sont poursuivis pour leur assistance aux victimes. Monsieur Assiba Johnson, président du REJADD-Togo est forcé de quitter les blessés pour sauver sa peau suite à une descente militaire à l’hôpital de Sokodé. Une fois encore, la ville se vide de ses populations. Pour eux, la stratégie de la terreur a eu raison des habitants là où la roublardise, la corruption et les jeux de couloir, ont échoué. Voilà la vraie image de ceux qui gèrent notre République. Tout le monde s’étonne du comportement d’une partie de l’armée contre une marche pourtant autorisée. Un des députés de la localité, Ouro-Akpo Tchagnaou d’appeler le ministre de la sécurité au sujet du siège et de la reprise des violences militaires. En réponse à cette interpellation le matin du 07 novembre, monsieur Yark affirme au téléphone n’être au courant de rien, à midi, il avance sur les ondes de nos confrères de la BBC que la marche n’est pas possible dans ces localités parce que les armes disparues ne sont pas retrouvées ; tard dans la soirée, toujours le même jour, il revient sur ses boutades pour conclure que c’est le préfet qui a interdit la marche. Voilà l’une des nombreuses preuves d’un désordre au sommet d’une République, d’une armée. Un ministre, dit de la sécurité, qui n’est pas au courant qu’un corps de l’armée nationale a attaqué une partie du territoire. Si c’était des assaillants, on comprendrait que l’assaillant n’avertit pas. Mais une armée nationale qui attaque sa population sans que le Monsieur sécurité du pays, lui aussi corps habillé, ne soit informé. Que retenir ? Tout comme dans le cas de l’arrestation de l’Imam, Yark a été pris en dépourvu par un autre réseau apparemment plus fort. Un réseau d’officiers et de noyaux durs à qui on ne refuse rien. Que peut-on leur refuser quand le souci du chef de l’Etat lui-même ne s’exprime pas en termes de moyens utilisés mais en termes de résultat escompté. Pour le prince de Machiavel, Faure Gnassingbé, peu importe les moyens, l’essentiel est le résultat. Tout le monde y va donc de ce qu’il « peut faire ». Ce que les militaires ont appris à faire c’est la guerre, ils l’ont donc déclenché contre la population, les consignes sont données depuis les Etats-majors. Cette unième violence à Sokodé ce 7 Novembre a échappé à Yark, d’où sa cacophonie. A supposer que ce soit même le préfet qui ait donné l’ordre de répression, il appartiendrait alors à la police et la gendarmerie de jouer le rôle. Ici c’est le ministre de la défense qui a ordonnée que les populations soient violentées et torturées à ciel ouvert ; que peut faire le pauvre Yark, si ce n’est de prêter sa bouche pour justifier le crime ? Le ministre de la défense, c’est Faure Gnassingbé, oui il a décidé d’en finir avec Sokodé et Bafilo, et tous les moyens sont bons. Il n’est d’ailleurs pas à son coup d’essai si on se rappelle 2005. Quand une partie de l’armée envahit un pan du territoire avec des méthodes de guerre pour jouer le rôle de la police et de la gendarmerie contre les populations sans informer le ministre de la défense et celui de la sécurité, il y a indiscipline et acte de sédition compromettant la cohésion nationale et celle de l’armée. Ceci mérite, au moins, un limogeage du chef d’Etat-major, du ministre de la sécurité et des chefs corps qui ont exécuté ces actes. Mais c’est Faure Kodjo Gnassingbé qui ordonne les exactions sur tout un peuple pour conserver son pouvoir. Pour lui, les populations rebelles sont plus utiles en exile qu’au pays. En 2005, il en a fait tuer plus de 500 et exilé 40.000 afin de remplacer son père. 12 ans après, il oblige les populations à quitter leur ville avec femmes et enfants sur l’épaule pour se réfugier dans des fermes et brousses. Là, sans eaux potables, ils boivent à la même source que les animaux, ils dorment à la belle étoile, la scolarité des enfants peut attendre. Pour cause, leurs portes ont été défoncées par les bérets rouges et les milices dans des opérations musclées à répétition. Ils ont été molestés, blessés, ils ont fui les exactions pour une vie sauvage avec le minimum qu’ils peuvent emporter avec eux. Les militaires arrêtent les jeunes et les soumettent à des actes de tortures dans le camp militaire installé à côté. Oui, pour saper le moral des populations, Sokodé et Bafilo sont devenus des centres de torture à ciel ouvert. D’ailleurs, être blessé à un moment où l’on est incapable d’aller se faire soigner de peur d’être enlevé par les bourreaux sur le lit d’hôpital fait partie des sévices et tortures.
Se cacher dans sa propre maison, mourir de faim alors qu’on ne peut pas cuisiner de peur que les militaires et milices sentent une présence humaine, est une torture.
Laisser son vieux père ou sa vieille mère à la maison parce qu’on ne peut pas le transporter pendant que le reste de la famille est en route vers une destination incertaine est un affront, une torture.
Vivre chez soi dans la hantise d’être, à tout moment, visité par des hommes cagoulés ou des militaires armés jusqu’aux dents, est une torture.
Vivre dans une brousse, à quelques kilomètres de la maison à la merci de toutes sortes d’insécurité est une torture.
Voici les méthodes que le monarque a choisies pour sa population. Les villes ciblées sont en Etat de siège, hier et aujourd’hui ». Fin de citation

La terreur s’invite à la capitale

Actuellement, si plus de 500 Togolais de Mango continuent l’exil au Ghana. A Sokodé et Bafilo, les habitants ont regagné le bercail, pas pour autant que le siège militaire est levé. Pire, les exactions militaires que la dictature a expérimentées sur Sokodé et Bafilo, s’étendent à Lomé. Les arrestations et enlèvements des citoyens par les militaires prospèrent. Aucun quartier n’est épargné, mais certains sont devenus de véritables zones à risque : les quartiers musulmans, les quartiers à majorité Tem, même les ressortissants musulmans au Togo ne sont plus épargnés. Musulmans eux-aussi, on les accuse de solidarité religieuse derrière le meneur actuelle de la contestation politique : Tikpi Atchadam. Leurs quartiers sont des cibles. Avant chaque manifestation publique, les rafles sont légion à Agoe, à Agoè-Zongo, à Kégué, Zogbédji, Dikamè, Totchi Togblé-Kopé, Fidukpi et autres quartiers nord de Lomé. Les rafles touchent beaucoup de citoyens ramassés à la pelle, souvent à la tombée de la nuit, à chaque coin de rue. Comme dans un couvre-feu, avec ou sans pièce d’identité, ils sont bastonnés et conduits en nombre à la gendarmerie. Ils y sont exposés à la belle étoile dans la cour sous le froid et autres aléas. Le lendemain, après toutes sortes d’humiliations, les gendarmes prennent leur emprunte avant de les libérer un à un. La rafle qui a précédé la dernière marche interdite des 11, 12 et 14 a contraint 500 Loméens à dormir dans la cour de la grande gendarmerie de Lomé. Le lendemain, comme à l’accoutumée, l’identification biométrique de masse a eu lieu. Certains ont connu plus de 48 heures de séjour avant leur libération.
Rappelez-vous qu’au début des contestations en Août dernier, la dictature avait attisé en vain la fibre ethnique, en vain elle a essayé de diviser les religions en faisant saccager un lieu de culte musulman à Kara, en violant des mosquées à Sokodé pour brutaliser, rien de tout ça n’a marché. Actuellement, après avoir mis le siège sur trois villes, elle est obligée de rentrer en guerre ouverte avec les quartiers contestataires de Lomé.

Les Togolais de la diaspora, Impossible séjour au pays

L’autre cible, ces derniers temps, ce sont les compatriotes togolais de la diaspora en séjours au pays. Un Togolais de Hambourg du nom de Zakari a été d’abord molesté et blessé à la tête avant d’être libéré le jour de la dernière rafle. Un autre citoyen Togolais naturalisé américain était frappé à mort sur la route de Kpalimé il y a peu. Tout récemment un togolais naturalisé Américain, Ndanky Mohamed, a fait 3 mois de détention avant d’être libéré grâce à la pression des Américains. Jusqu’ici sa voiture ne lui est pas restituée, son passeport est gardé et il reste encore sous contrôle judiciaire. Monsieur Mahamadou ABASSA, Togolais vivant à Riyad et en vacance au pays, informaticien de son état, il a été pisté et finalement poursuivi par les militaires alors qu’il se rendait dans un cyber non loin de sa maison à Kégué. Il parvient à s’échapper vers le Ghana voisin. A chaque grand évènement politique, la violence et autres violations des droits de l’homme obligent des jeunes à quitter le pays. En 2009, alors que les élections se préparaient pour le deuxième coup de force de Faure, Mr Ouro Sama koukoule faisait une amère expérience qui l’oblige à quitter le pays. La liste des Togolais de la diaspora inquiétés, pendant leur séjour sans raison valable est longue. Toute cette jeunesse est devenue une bombe à retardement politique dans la diaspora contre la dictature au Togo. La preuve est faite présentement à travers les contestations dans toute la diaspora. Alors, tout ce qui vient de l’occident est pris pour cible car on estime que les Togolais de l’extérieur sont parmi les farouches contestataires de la dictature en place. Les militaires et gendarmes continuent aussi les enlèvements parmi les Togolais, notamment les jeunes qu’on estime être des meneurs de la contestation. Les derniers cas sont l’arrestation du sieur TCHAKOLOW-TAGBA Gado Yorouma Bozinambo dit KAPI. Jeune Togolais vivant à Sokodé, il est présentement gardé dans un lieu inconnu après son enlèvement manu militari à Lomé. Présentement, ils sont nombreux ces citoyens obligés de se faire discrets pour leur sécurité. Avant eux, les uns comme feu Moussa Touré Séidou, continuent par mourir suite à des coups de blessures militaires, les autres ont dû être portés disparus et les familles sont dans l’incertitude de les retrouver. Le vrai bilan humain de cette dictature depuis les derniers mouvements politiques ne se fera qu’après monsieur Faure Gnassingbé. Le dernier rapport du département d’Etat américain sur la violation des droits de l’homme au Togo en dit long. Voilà comment monsieur Faure espère taire la contestation et confisquer le pouvoir.
Ce que nous décrivons ici n’est que la face visible des exactions et de l’insécurité que vit le Togolais. C’est en ce moment précis, où l’insécurité est le sentiment le mieux partagé entre les Togolais, que le plus heureux des Gnassingbé a décidé de récompenser ses bras armés. Si le prince lui-même n’avait pas planté le décor sur ses vraies intentions, on aurait pu dire que les dernières promotions militaires étaient une erreur d’appréciation.
Tout récemment encore, alors que le débat sur l’impossibilité de sa présidence à vie nourrissait l’actualité, le prince laisse entendre au chef de l’Etat ghanéen que c’est « l’armée qui lui refuse de quitter le pouvoir en 2020 ». Ceci a paru une imagination de journalistes, mais si. Le prince l’a bien dit à son homologue médiateur lors d’un tête à tête. Alors que celui-ci croyait le rencontrer pour un entretien entre chefs, monsieur Faure, contre les bonnes pratiques du protocole entre décideurs, se fait accompagner de deux de ses officiers. En réponse à la préoccupation du visiteur, il laisse l’un de ses hommes répondre aux discours de son homologue. Drôle de protocole ! Le haut gradé tempête et soutient qu’« à partir du moment où la loi l’autorise, il est hors de question que le chef de l’Etat ne soit pas candidat en 2020 ». L’héritier national, dans ce jeu de rôle politique, crache alors la conclusion à son voisin, toi-même tu vois, c’est l’armée qui m’empêche de quitter le pouvoir. C’est dans ces conditions que deux des officiers supérieurs sont gradés. Ceci n’est donc pas une simple parenthèse, les habitudes ont la peau dure au Togo. Il vous souvient que l’année dernière aussi, c’est le bourreau d’Atakpamé de 2005 qui a, lui aussi, bénéficié d’une décoration controversée.

La santé des dirigeants

Certes, l’Afrique continue par abriter une race en voie de disparition que le vocabulaire politique désigne par « dictateurs ». Mais un régime a beau être une dictature, il existe un minimum admis et un rubicond à ne pas franchir dans la gestion des hommes. Quand cette barrière est franchie, il est possible de poser le débat sur la santé mentale de ceux qui dirigent. Inspiré d’un grand homme de notre pays, permettez donc que notre analyse démontre que dans toute société organisée, il existe toujours trois types de citoyens qui sont difficiles, si ce n’est impossible, à diagnostiquer à temps lorsqu’ils ont des soucis mentaux. Loin de vous administrer des cours de psycho, la folie a ses catégories mais les causes restent les mêmes. La dépression, la toxicomanie, la schizophrénie, le retard mental, l’autisme de l’enfant, voici autant de raisons qui peuvent être l’origine des comportements déplacés dans les relations entre un individu et son époque ou son environnement ou encore ses mœurs. La justice moderne, même quand elle utilise des méthodes archaïques, en est bien consciente. C’est pourquoi elle s’assure de l’Etat mental des criminels avant jugement car les fous habillés, il en existe. Dans les comportements humains, tout est relatif et il est impossible de connaître mathématiquement les causes de certains troubles. La seule certitude est que certains maux sont influencés par une association de facteurs tels que les contextes familiales difficiles, l’hérédité, sans oublier les évènements stressants. Chaque individu semble donc avoir son fichier, mais les normes admises dans les comportements sociaux sont quasiment universelles. Du coup, trois types de citoyens sont souvent diagnostiquer tardivement de par leur rang social : l’humoriste, le savant et le roi.
Quand l’un de ces trois hommes publics est déséquilibré, on ne le découvre que trop tard. Ainsi, même si l’humoriste a déjà perdu le contrôle du raisonnement, la société continue par soutenir que « c’est son habitude, c’est pour faire rire ». On se rendra compte le jour où il passe ses premières nuits sur une poubelle. Quand le savant pette les plombs, son environnement estime qu’« il sait ce qu’il fait ». Et enfin, quand le roi ne se contrôle plus, les sujets avancent qu’ « un chef est un chef, il fait ce qu’il veut ». Là aussi, c’est seulement quand il n’est plus chef que la société se rend compte que c’était un fou à ligoter qui dirigeait. L’exemple le plus ronflant dans le cas togolais sera celui de feu Ernest Gnassingbé, fils de l’ancien président. Des années avant sa mort, il faisait ce qui lui passe par la tête. Ses états d’âme et sa méchanceté n’épargnaient personne. Et il était entouré d’une équipe rompue à la tâche. Même la toute-puissance de son père n’arrivait pas à le garder dans les rangs: exécutions extra-judiciaires, enlèvements, bastonnades, tout ce qui bouge hors de son commandement pouvait subir sa fougue. La société pensait que « c’est l’enfant du Boss, il fait ce qu’il veut ». Mais au soir de ses jours, l’officier a fini par être un fou lié. Devant certains comportements, notre rôle de journaliste nous impose le devoir d’ouvrir certains débats. Dans l’exercice de notre métier, nous sommes obligés de bouger et quand nous relatons nos réalités à des confrères étrangers, il est difficile de nous croire. Il existe trop de réalités en déphasage avec le monde qui prospèrent sous les Gnassingbé, et il faut les vivre pour croire. Entre nous, à notre époque, existe-t-il encore des présidents qui continuent par croire qu’un pouvoir politique est un héritage parental ? Existe-il encore une espèce qui croit que la raison ne se trouve qu’au bout du canon. Après son père, en 14 ans de gestion publique, si Faure est parvenu à faire quelque chose, c’est d’endetter la République au point d’être obligé de voyager de pays en pays pour contracter les prêts afin de payer les fonctionnaires. Quand Eyadema avait tout perdu suite à son isolement politique, il lui restait le port autonome de Lomé pour assurer le salaire des Togolais. Aujourd’hui, une telle société étatique est obligée de recourir à des découverts bancaires pour payer ses propres agents. Partout où le gestionnaire de l’Université Georges-Washington passe, c’est la faillite qui suit. Dans ces conditions, où il a tout perdu, il ne lui reste que les militaires pour survivre même si ceux-ci aussi, frappés par la crise, sont devenus des mendiants partout où ils sont en faction. On se demande alors jusqu’où ira Monsieur Faure Gnassingbé.

Source: le rendez-vous

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