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La 3D du WoeLab Lomé vue par Rfi
12 juillet 2014   -   Par Kouamivi Sossou

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Prouesse technique et recyclage à gogo, la première imprimante 3D « made in Africa » est… togolaise !

Vingt petits génies de la débrouille et de l'électronique l'ont montée au quartier de Djidjolé, l'an passé, à Lomé. Ces jeunes bricoleurs, réunis en collectif, soudent, cousent, coupent, collent, assemblent pour créer toutes sortes de machines, automates et objets. Tous ensemble, ils animent un laboratoire de fabrication libre, c'est-à-dire ouvert à tous et communautaire, un FabLab, dans la culture geek. C'est là qu'ils oeuvrent, apprennent, transmettent et partagent l'usage du world wide web, les rudiments de la création hightech et d'entreprise.

Au secours ! Les déchets électroniques envahissent le Togo ! Pas de panique. Les nouveaux as du fer à souder et de la pince à sertir sont là. Ils s'appellent Afate, la Gypsie ou Sika. Les décharges informatiques, ils les ratiboisent, les tournent et retournent… et, au final, les vident un peu. Avec leurs trouvailles, ils créent. Des imprimantes 3D presque 100% recyclées, des systèmes d'arrosage automatiques et leurs casiers pour faire sa salade en ville toute l'année, des bidons remplis… d'unités centrales, d'ordinateurs donc, prêts à être démontés et remontés, à loisir.

Avec ces jeunes de Lomé – ils ont 20 ans, en moyenne -, l'avenir du low high tech – de la technologie de pointe à bas prix -, au Togo, est assuré. Et le recyclage des dépôts de matériel technologique usagé tout droit venu d'Europe amorcé.

L'initiative de cette aventure écolo-technique revient à Koffi Sénamé, un chercheur togolais en architecture et en anthropologie, basé en France, à Paris. Depuis ses trois dernières années de vacances à Lomé, il n'a pas chômé. Sur ses fonds personnels, il a lancé des campements de réflexion sur la vie urbaine et les villes du futur, « intelligentes », bien sûr. Des sessions fréquentées par des étudiants et chômeurs de Lomé, aussi bien que par des professionnels et adeptes du monde entier.
A force de palabrer, il a fallu construire, réaliser les robots et automates imaginés. Et entraîner les jeunes loméens à la concrétisation de leurs rêves et projets. C'est comme ça que le Woelab est né.

Le Woelab… qu'est-ce que c'est?

« Woe » veut dire « fais-le », en langue mina, parler majoritaire sur la côte togolaise dans la région de Lomé. « Lab » vient de laboratoire. Et le concept du Woelab s'inspire des laboratoires de fabrication libres de droits, ouverts à tous et communautaires qui essaiment à travers le monde entier depuis les années 90's, et leurs débuts au très prestigieux MIT, Massachussets Institute of Technology. Ces laboratoires libertaires sont connus à l'international sous le nom tiré de l'anglais : FabLab.

Le Woelab de Lomé, installé à Djidjolé, rassemble vingt jeunes de 14 à 33 ans, ni informaticiens, ni ingénieurs. Ils sont juste curieux, bricoleurs, débrouillards et passionnés. Et ils sont animés par l'envie d'améliorer leur vie grâce à la technologie la plus avancée, même si c'est du recyclé. 

Les adulescents du Woelab s'essaient ensemble à l'art très complexe de la programmation de logiciels, de la modélisation d'objets en 3D, de la mise en ligne de sites Internet, de la cartographie 2.0, de la communication en ligne, du tri sélectif, de la production de machines… et de la commercialisation de leurs services et produits. Le Woelab est une école de la science, de la technique, de la mécanique, de l'électronique, de l'écologie, de l'informatique… autant que du business, du management et des relations avec le public.

Un investissement géant

Pour les membres de ce collectif, c'est un investissement géant. Avec très très peu de rentrées d'argent. Mais, à l'image de Sika, les Woelabers trouvent bonheur : « Avant, je n’étais pas « connectée ». Aujourd’hui, je suis sur les réseaux sociaux, j’ai appris la programmation de cartes-mères – les Arduino -, l’utilisation de plusieurs logiciels, la modélisation. Ca me sert dans ma vie quotidienne, ça facilite mes études. J’ai été formée à l’infographie et au web-design, au Woelab, et du coup, je suis en avance sur mes cours », constate Sika, ravie, qui étudie l'architecture.

« Et j'ai fait des rencontres. Je suis en contact avec de grandes personnalités togolaises et étrangères depuis Terres, la start-up dont je suis responsable au Woelab, et qui est vouée à la commercialisation de nos automates d'arrosage pour l'agriculture urbaine », ajoute-t-elle. Terres a, en effet, gagné le premier prix de l’innovation au forum des jeunes entrepreneurs du Togo, à Lomé, fin 2013, un prix remis par des personnalités de la capitale. (7000 euros ont été versés au projet, un butin partagé entre toutes les composantes du Woelab, conformément à l'esprit du collectif). Ce coup d'éclat à l'instar de celui sur l'imprimante 3D a ouvert les portes du Woelab à l'international. La reconnaissance des autres FabLab ne s'est pas faite attendre. Les jeunes inventeurs sont régulièrement invités à participer à de grands colloques à travers le monde. Faute de visa, rares sont ceux qui peuvent y aller, mais les contacts restent.

Koffi Sénamé est fier de sa pépinière. Il ne compte plus l’argent dépensé dans le Woelab. « C’est comme pour un bébé, je ne compte pas », assure-t-il. « C’est un programme social. Le Woelab rend des services sociaux. Et à ce titre, il a même vocation à être repris par l’Etat togolais ou des ONG, et duppliqué », enchaîne le fondateur du Woelab, qui ne veut dépendre d'aucune aide de la part d'organisations ou d'institutions, tant qu'il est en charge du laboratoire. « Nous sommes une communauté indépendante », déclare Koffi.

Lire la suite sur http://www.rfi.fr/mfi/20140704-togo-informatique-social-woelab-ressource-moyens/

 

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