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DANS L'ACTU :
Une question à Brigitte Adjamagbo Johnson: « Je parle d’une démocratie fondée sur l’application rigoureuse des lois… »
16 mai 2021   -   Par Kouamivi Sossou

Adjamagbo Johnson a accordé une interview au journal ‘L’intelligent’ le 12 mai 2021. Lire l’interview:

Après plus de 60 ans d’indépendance, le constat est plus que mitigé sur les progrès réalisés par le Togo dans tous les secteurs. Quels sont les leviers sur lesquels le pays peut s’appuyer pour un réel progrès et un plein épanouissement du peuple togolais ?

Vous parlez de quelle période d’indépendance du Togo ? Si c’est de celle qui est comprise entre le 27 avril 1958, date où nous nous sommes affranchis de la tutelle française et le 13 janvier 1963, ce jour fatidique où le premier président du Togo fut assassiné, je dirai sans ambages qu’il y a eu de réels progrès. Le Togo s’est imposé comme un pays dont les dirigeants avaient une vision. Ils avaient pris le temps : de payer une dette inique que l’ancienne tutelle nous avait imposée ; de mettre en place un minimum d’infrastructures pour recevoir dignement nos invités le 27 avril 1960, date retenue pour proclamer notre souveraineté ; de construire des immeubles pour abriter nos institutions. Aux lendemains de la proclamation de la souveraineté, les autorités de l’époque ont rangé dans les tiroirs les accords qu’on avait imposés au pays : obligation de former nos militaires en France ; monopole des marchés publics aux entreprises françaises ; priorité aux groupes français d’exploiter nos minerais ; et j’en passe.

Sylvanus Olympio avait pris ses distances avec la France et s’était même permis de confier à l’Agence France presse en mai 1960, à peine un mois après la proclamation de l’indépendance : « je vais faire mon possible pour que mon pays se passe de la France ». Le Togo avait alors diversifié ses partenaires, en faisant par exemple appel à l’Allemagne pour la construction de son port en eau profonde, qui fut pendant très longtemps, le seul port en eau profonde de l’Afrique de l’ Ouest. Le gouvernement du Togo d’alors avait fait appel aux capitaux et techniciens yougoslaves pour réaliser en 1962, la centrale hydroélectrique de Kpimé afin d’alimenter Kpalimé en électricité et mettre le complément à la disposition de Lomé. Le président togolais avait pris attache avec les USA et fut accueilli à Washington, le 22 mars 1962, par le président John Kennedy en personne. Le Togo avait aussi compris que sans sa propre monnaie, l’indépendance n’est qu’un drapeau et un hymne ; il s’apprêtait alors à frapper la monnaie quand Sylvanus Olympio fut assassiné.

Pour moi la période de progrès mitigé a plutôt commencé après l’assassinat de Olympio et elle dure jusqu’à nos jours. Au cours de cette période, la France a tout mis en œuvre pour remettre le Togo sous sa tutelle, et permettre aux vautours du genre Bolloré de continuer à s’enrichir sur le dos des Togolais. La France n’a eu aucun scrupule pour soutenir au Togo : la médiocrité, la corruption et la dictature, la démocrature, puis maintenant la succession dynastique au mépris du droit fondamental des peuples de choisir leurs dirigeants. En privilégiant ses intérêts au détriment de la démocratie, l’ancienne puissance coloniale a plombé le développement des pays africains y compris le Togo, dont l’évolution après six décennies de pseudo indépendance, reste largement en dessous des espoirs suscités par les différentes accessions à la souveraineté.

Certes, on dira, pendant ces 58 ans marqués par la françafricaine, on a construit au Togo des écoles, des collèges, des lycées, des universités ; des formations sanitaires, des usines ; des routes ; etc. Oui ! Mais à quel prix ? Pour 100 francs cfa investi dans ces réalisations, combien ont plutôt enrichi la minorité pilleuse que Faure Gnassingbé lui-même a indexée en 2006 mais sans jamais l’inquiéter ?
Que deviennent les produits de notre système de formation ? Quelles sont les conditions de vie et de travail de nos formateurs, de nos médecins et autres auxiliaires médicaux ? Quid de l’accès à l’eau qui n’est pas une réalité pour tous les Togolais ? Que dire de l’accès à la santé, quand on sait que dans ce pays de nombreux individus meurent tous les jours de maladies, comme le paludisme, qu’on sait parfaitement soigner ? Comment peut-on accéder au progrès lorsque l’accès à l’électricité n’est à ce jour garantie qu’à une minorité qui de surcroît doit la payer très cher ?

Comment peut-on vraiment compter sur un secteur privé, en l’occurrence industriel, capable d’apporter une plus-value aux matières premières plutôt que de les brader, lorsque l’énergie coûte aussi cher et que les conditions notamment fiscales et de sécurité juridique ne sont pas réunies ? Quel progrès espérer dans ce Togo, où plus de 2/3 de la population vivant de l’agriculture en milieu rural sont progressivement et inexorablement paupérisés et contraints à vendre leurs terres à des nouveaux riches ou à des étrangers et finissent par constituer du bétail électoral prêts à vendre leur vote pour quelques billets lors des consultations tronquées ? Comment parler d’épanouissement quand les femmes massivement présentes dans le secteur informel précaire, survivent pour une large part en marge du développement ?

Mais dans mon indignation, je m’éloigne de votre question qui est : quels sont les leviers sur lesquels le pays peut s’appuyer pour un réel progrès et un plein épanouissement du peuple togolais ?

Au niveau de la CDPA nous ne voyons qu’un pilier : la démocratie passant par une alternance politique au sommet de l’Etat. Je parle d’une démocratie fondée sur l’application rigoureuse des lois et le renforcement des institutions étatiques capables d’apporter des solutions adéquates là où la démocrature a échoué. Je parle d’une démocratie qui passe par une phase de transition pour refonder la République du Togo ; c’est-à-dire : initier, promouvoir et encourager une transformation fondamentale du système de gouvernance politique et économique et une vision du Togo dans le but d’en faire une nation africaine démocratique et solidaire. Pour être plus explicite, je veux dire que pour la CDPA, un réel progrès et un plein épanouissement du peuple togolais passent par des valeurs de la gauche, c’est-à-dire : la démocratie, la souveraineté, la répartition équitable des richesses nationales, la justice sociale, l’égalité des chances pour la santé et l’école fondée sur l’éthique et des valeurs qui place l’homme au centre de toutes actions. C’est d’ailleurs le sens du combat de CDPA dès sa création dans la clandestinité. Vous comprenez donc que pour nous, la question n’est pas seulement de changer d’homme à la tête de l’Etat ou de changer la façon d’exercer le pouvoir ; mais de promouvoir des valeurs humanistes bien comprises et représentées comme un mode de vie à tous les niveaux sociaux et économiques et suivant les principes du socialisme, de la démocratie et de la justice. A la CDPA, c’est encore le sens de notre combat que nous menons et que nous comptons faire aboutir avec nos partenaires au sein de la Dynamique Monseigneur Kpodzro.

Source: L’intelligent

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