Le Togo a franchi une nouvelle étape dans la valorisation de sa filière cacao avec l’inauguration ce samedi 23 Mai , à Kessibo-Abrewankor dans la préfecture de Wawa, du tout premier centre de traitement post-récolte du cacao d’excellence du pays. Portée par le Comité de coordination pour les filières café-cacao (CCFCC), cette infrastructure ambitionne de renforcer la qualité du cacao togolais afin de mieux positionner le pays sur les marchés internationaux de niche dédiés au cacao fin et aromatisé.
Construit sur un site d’environ 1,37 hectare, le centre comprend notamment un hall de fermentation d’une capacité de 18 tonnes, cinq tunnels de séchage, un magasin de stockage, un système d’adduction d’eau potable ainsi que des installations sociales et énergétiques. L’infrastructure est également dotée d’équipements roulants destinés à la collecte du cacao dans treize villages de la préfecture de Wawa. Entièrement financé par le CCFCC, ce projet pilote s’inspire d’un modèle similaire développé au Cameroun, après des missions d’étude réalisées par des experts togolais.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le secrétaire général du CCFCC, Anselme Gouthon, a rappelé que malgré une production modeste, le cacao togolais bénéficie d’une réputation internationale grâce à sa qualité. Il a notamment mis en avant les performances du Togo au concours international « Cacao of Excellence », où plusieurs producteurs togolais ont décroché des médailles d’or, d’argent et de bronze ces dernières années. Selon lui, ces distinctions ouvrent de nouvelles opportunités commerciales sur les marchés spécialisés à forte valeur ajoutée.
Le responsable du CCFCC a expliqué que ce centre permettra d’améliorer toutes les opérations post-récolte, notamment la fermentation, le séchage et la traçabilité des fèves. Chaque producteur sera désormais identifié individuellement tout au long du processus de transformation, garantissant ainsi une meilleure reconnaissance de la qualité de son produit et une rémunération plus juste. « Le Togo doit passer du cacao de qualité au cacao d’excellence », a-t-il affirmé, soulignant la volonté de faire du pays une référence internationale dans ce domaine.
De son côté, le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a salué une initiative qui s’inscrit dans la politique gouvernementale de transformation structurelle de l’économie sous l’impulsion du président du Conseil, Faure Gnassingbé. Il a indiqué que le centre devrait permettre de traiter environ 100 tonnes de cacao d’excellence dès la première année, avec des perspectives d’augmentation progressive afin de répondre à la demande croissante des marchés spécialisés où les prix peuvent atteindre le double de ceux du cacao ordinaire.
Le ministre a également souligné l’importance de la conformité des filières café-cacao togolaises au règlement européen RDUE 2023/1115 relatif à la déforestation, dont l’échéance est fixée au 31 décembre 2026. Selon lui, la modernisation des pratiques de production et de traçabilité constitue une condition essentielle pour préserver l’accès du cacao togolais aux marchés internationaux. Il a, par ailleurs, annoncé l’implantation prochaine d’autres centres similaires dans les préfectures de Blitta et d’Akébou avec l’appui de partenaires internationaux.
À travers cette nouvelle infrastructure, les autorités togolaises entendent non seulement améliorer les revenus des producteurs, mais aussi créer des emplois pour les jeunes et les femmes dans les zones rurales. Présenté comme un projet pilote, le centre de Kessibo-Abrewankor devrait servir de modèle pour l’expansion progressive d’un réseau national de centres d’excellence capables de faire du Togo un acteur reconnu du cacao fin aromatisé sur la scène mondiale.
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