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Interview: «J’ai choisi de faire l’élevage des volailles parce que cela semble facile» , Komlan Peke
25 novembre 2019   -   Par Kouamivi Sossou

À 10 Km au nord de la ville de Sotouboua se trouve le village Dalanda dont les habitants vivent principalement de l’agriculture. Un tour dans ce village a permis à nos confrères d’Agro infos d’aller à la découverte de cet éleveur de vollailes nommé Komlan Peke qui n’élève rien que des poules locales.
Grâce à son dévouement, il a été l’un des éleveurs commerciaux à bénéficier du fonds Projet d’Appui au Secteur Agricole dans les années 2014. Très fier devant les micros de nos confrères, le Sieur Peke n’a pas hésité de parler de lui et de son projet. Bonne lecture.

AGRO INFOS : Bonjour Monsieur, présentez-vous à nos lecteurs!

Komlan Peke : Bonjour cher ami Journaliste, je réponds au nom de Komlan Peke. Je suis éleveur de vollailes et l’un des promoteurs que le Projet d’Appui au Secteur Agricole (PASA) a financé en 2014 au Togo.

En quelle année êtes-vous lancés dans l’élevage ?

J’ai commencé en 2012, c’est à dire deux ans bien avant mon financement.

Pourquoi avez-vous opté pour les volailles locales ?

J’ai choisi de faire l’élevage des volailles locales parce que cela semble un peu facile par rapport à l’élevage des poules de races. Ici, la mortalité est rare. Cet élevage n’est pas trop contraignant. Les poules locales sont plus appréciées dans nos communautés parce qu’elles sont naturelles. On les utilise par exemple dans les cérémonies traditionnelles. Certaines personnes aiment ces poules pour leur chair délicieuse. C’est ce qui m’a encouragé à m’intéresser à cet élevage.

Avec combien de têtes vous avez commencé votre élevage ?
J’ai commencé avec à peu près une vingtaine avant de poule avant que le PASA ne vole à mon secours à travers le financement.

Vous avez alors bénéficié du financement de PASA. Dites-nous comment cela a t-il été possible?
C’est grâce au suivi et à l’appui technique de l’ICAT que PASA m’a connu. D’abord, j’ai reçu beaucoup de conseils de l’ICAT. J’ai donc évolué dans mon activité et le PASA m’a retenu parmi les promoteurs des éleveurs commerciaux en 2014 avec financement à hauteur de 2.950 000 Francs CFA.
Qu’avez-vous concrètement fait avec cet argent ?
Avec cet argent, j’ai réussi à construire deux bâtiments que vous voyez. Je me suis aussi équipé en mangeoires, abreuvoirs et même d’une couveuse électrique.
Être promoteur agricole reconnu. Qu’est-ce-que cela vous inspire ?
C’est une fierté pour moi. Cela me valorise car il m’a permis de participer à la foire des éleveurs à Tchamba en 2014.

Parlez-nous un peu de cette foire qui a lieu à Tchamba!

J’étais là-bas comme exposant. J’avais amené les dindons et les poules. Il faut dire que cette foire m’a motivé à me relancer dans cette activité parce que j’ai vu d’autres éleveurs aussi fiers de leurs activités et je me suis dit que c’est un travail noble.

Revenons-en. Qu’en est-il du suivi sanitaire et technique de vos volailles ?
En ce qui concerne le suivi sanitaire, moi-même j’ai été formé comme AVE, c’est-à-dire Auxiliaire Volontaire d’Elevage. Alors je traite mes poules par déparasitage de même que la vaccination. Par rapport à la bio sécurité, les poules sont toujours enfermées, et je leur évite la divagation pour qu’elles ne soient pas en contact avec les autres bêtes. Je fais aussi la prophylaxie sanitaire. J’entretiens les poulaillers avec déparasitage externe pour pouvoir garder les volailles en bonne santé. Pour ce qui concerne le suivi technique, il y a l’ICAT qui me suit avec le conseiller agricole, les techniciens en élevage de l’ICAT de Sotouboua aussi m’appuient.

Parlons un peu de comment se fait la commercialisation de vos produits.
Mes poules sont vendues dans le marché d’Adjengré et de Sotouboua en période de fête surtout où la demande est grande. Certaines personnes viennent acheter aussi des poussins de deux mois pour l’élevage.

Combien vous vendez une volaille ?

Ça varie selon l’âge et la grosseur. On peut avoir entre 1500 F CFA et 3000 F CFA.

Des difficultés, en rencontrez?
Parlant des difficultés, on a quelque fois le vol, la mévente de nos poules, la rupture des produits sanitaires, l’instabilité du prix de vente… Nous pourrons aussi ajouter les moyens financiers pour couvrir certaines charges.

Pensez-vous que l’appui du PASA a aidé ?

Bien sûr! Ça m’a beaucoup aidé. C’est grâce au PASA que je suis devenu un éleveur professionnel. J’ai mes bâtiments pour abriter les volailles, et un équipement adéquat. Avant, j’exerçais de façon traditionnelle.

En termes de chiffre d’affaires, avez-vous déjà rattrapé le coût du financement reçu ?

Bon, jusqu’ici, je ne peux répondre oui. Nous avons d’autres charges qui n’étaient pas prises en compte par le projet. Mais dans tous les cas, on peut dire que ça va.

La tendance aujourd’hui est d’aller vers l’entrepreneuriat agricole. Peke y pense ?

Bien sûr. Je rêve de devenir un entrepreneur agricole. Je réfléchis un peu à la transformation de mes produits en procédant à l’abattage, en créant un petit restaurant avec un barbecue où les gens pourront directement consommer la chair de poulet.

Avez-vous un message à l’endroit du Ministère de l’Agriculture de la Production Animale et Halieutique? Peut-être encore pour un éventuel accompagnement.

Dans un premier temps, permettez-moi de remercier très vivement le gouvernement togolais et Son Excellence le Président Faure Essossimna Gnassingbé qui facilite la vie des producteurs agricoles et éleveurs. Je voudrais exhorter le MAPAH à continuer dans cet élan sans relâche. Aujourd’hui, l’économie du pays doit son salut grâce au secteur agricole. Nous avons enfin besoin d’être recyclés dans nos domaines respectifs pour mener très bien nos activités.

Merci cher Komlan Peke.

C’est à vous de dire un merci.

Interview réalisée par Agro infos

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42, Rue Atimé, Tokoin-Gbadago.
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